06/04/09
Le président et les avocatiers, par Jean-Philippe Rémy - Le Monde
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Libellés : Alexis Sinduhije, Burundi, Libération d'Alexis Sinduhije, Soutien médiatique
04/04/09
Interview d'Alexis SINDUHIJE : juste après la sortie de Mpimba
Pour consulter l'article cliquez ici :
Propos recueillis par Antoine KABURAHE pour IWACU "Les voix du Burundi".
Le 03/04/2009
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Libellés : Alexis Sinduhije, Burundi
21/03/09
Jean-Claude KAVUMBAGU "Acquitté" !
Le directeur du site Internet "Net Press", Jean-Claude KAVUMBAGU, acquitté après six mois d'emprisonnement à la prison centrale de BUJUMBURA.
Source : IFEX
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Libellés : Burundi, Droits de l'Homme, Prisonniers politique
19/03/09
Burundi: Alexis SINDUHIJE, un journaliste qui saute le pas…
Cependant, les pressions exercées tant par Charles Michel, le ministre belge de la Coopération que par Yama Yade, la ministre française en charge des droits de l’homme, s’ajoutant aux lettres pressantes du département d’Etat, ont finalement mené, le 12 mars dernier, à l’acquittement et à la remise en liberté de cet étrange prisonnier, auquel le petit peuple de Bujumbura avait déjà trouvé un surnom, Obama…
Officiellement, Alexis Sinduhije était accusé était d’avoir offensé le chef de l’Etat, en déclarant que « les massacres, les vols, les détournements à grande échelle seront un jour placés sous la responsabilité de celui qui consacre son temps à la prière ». Un affront que le président Ngurunziza n’avait pas pardonné, n’acceptant pas que ce journaliste qui naguère donnait volontiers la parole aux maquisards, ait décidé de franchir le pas et de s’engager en politique. En effet, après avoir été le fondateur et la vedette de la RPA (radio publique africaine), Sinduhije est devenu…candidat à la présidence à la tête de son parti, le MSD (Mouvement pour la solidarité et la démocratie).
Cette formation se veut différente tant de l’ancien parti-Etat, l’Uprona, à prédominance tutsi, que des différents partis dits « hutus », aujourd’hui rivaux et qui se préparent à une lutte sans pitié qui risque de déboucher sur un regain de violence…Le MSD, qui n’a toujours pas été officiellement agréé vise plus loin que les calculs ethniques et les proportionnalités calculées sur des balances d’apothicaire ; il lutte pour un avenir sans corruption, où les promotions se feront sur base du mérite, des compétences, du sens de l’intérêt national…Depuis sa prison, le jugement que portait Sinduhije sur le pouvoir au Burundi était sans appel : « c’est un pouvoir qui tue, qui crée l’insécurité physique, juridique, joue sur les régionalismes, accapare les ressources de l’Etat. Et se voit tout pardonner à l’étranger, au nom d’une soi disant stabilité… »
« Alexis est notre modèle à tous » assure son collègue Antoine Kaburahe, qui après dix années en Belgique est rentré au Burundi pour lancer un journal indépendant, Iwacu. « Comme lui, nous voulons privilégier l’enquête de terrain (trois jours à Kirundo pour décrire comment se reconstituent des milices…), le journalisme d’investigation, dénoncer les abus de pouvoir, la corruption…
Issu d’une modeste famille de Kamenge (un quartier populaire de Bujumbura) Alexis Sinduhije s’est très tôt lancé dans le journalisme puis a été invité à Harvard et, avec le montant d’un prix décerné par la Fondation Ford, il a créé la Radio publique africaine. Alors que le Burundi traversait une décennie de violence qui fit plus de 300.000 morts, Sinduhije et les reporters de choc de son équipe frappèrent tous azimuts : l’ »affaire Kassi Malan », ce représentant à Bujumbura de l’Organisation Mondiale de la santé assassiné dans son bureau, c’est eux. Eux aussi, la dénonciation du massacre de Muyinga l’an dernier, la révélation de la mise en vente de l’avion présidentiel, le détricotage du « faux coup d’Etat », un pur montage, la révélation d’affaires de corruption dans lequelles trempa l’ancien président Ndayizeye, la mise à l’écart de Radjabu, le président du parti au pouvoir, qui est lui, toujours détenu dans le quartier des élites de la prison de M’Pinga…
« Il nous a donné le goût du vrai journalisme » dit Antoine Kaburahe, « des générations de jeunes rêvent de prendre exemple sur lui, s’inspirent de son courage, de son audace. » De son désintéressement aussi : «comment faire pression sur un homme qui se passe de voiture, de maison, qui se moque de l’argent, car sa passion s’est la justice, la démocratisation des institutions… Un homme qui ne bronche pas lorsque son gardien est tué, que sa famille est menacée et envoyée hors du pays…»Ayant retrouvé la liberté, Alexis Sinduhinje persiste et signe, il sera bien candidat aux prochaines élections présidentielles…
Source : le carnet de Colette Braeckman - le soir.be - le 18/03/2009
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Libellés : Alexis Sinduhije
18/03/09
Alexis de nouveau "Libre" !
Dans l'après-midi, Alexis SINDUHIJE est sorti des locaux de la police, Libre.
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Libellés : Libération d'Alexis Sinduhije
Biographie d' Alexis SINDUHIJE : un destin hors du commun
Et dire que durant sa jeunesse les professeurs d’Alexis Sinduhije se demandaient ce qu’il pourrait bien advenir de ce garnement, car ce dernier, assez turbulent, pensait bien plus au football et au théâtre qu’à l’école. S’ils avaient su […]
Par Didier PATERNOSTERTout démarra vraiment en 1987, lorsqu’Alexis intégra l’école de journalisme. Bien qu’étant le plus jeune de sa promotion, il en devint vite et très naturellement le leader, au point même qu’il parvint à faire virer un prof constamment absent. Les temps changeaient… Alexis devenait un homme. En permanence branché sur RFI, le journalisme le passionnait et, lors d’un stage à la radio nationale, il fit un papier remarquable sur la guerre en Irak. Impressionnée, la directrice de l’information imposa son recrutement.
S’ensuivit une période de franche camaraderie. Car, après s’être construit une chambrette, il accueillait tous les soirs une multitude de copains. C’était le temps des franches rigolades, de l’amitié, où inlassablement cette bande de joyeux drilles refaisait le monde. Pour autant Alexis n’était pas oisif. Au contraire, puisqu’il proposa à quelques amis et deux de ses professeurs de créer l’hebdomadaire « La semaine du Burundi ».
Très rapidement, ce journal fut reconnu par l’ensemble de la profession. Car non seulement il couvrait de nombreux évènements qui, pour une fois, informaient réellement les burundais, mais surtout, les articles étaient écrits après de véritables investigations. Ainsi La semaine du Burundi dénonça les menaces de coup d’Etat contre le Président Ndadaye (démocratiquement élu !), les circonstances de son assassinat, le génocide rwandais…
Au terme de cette aventure journalistique, Alexis refusa de travailler « pour » le Parti Unique et intégra l’agence Reuters. Très vite ses qualités furent reconnues par la BBC.
Ses compétences étaient telles qu’en 1998, Bryan, directeur de studio Ijambo, lui proposa une bourse pour Harvard University. Et, aux States, grâce à ses incontestables qualités relationnelles, Alexis obtint de la fondation Ford 150 000 dollars afin de créer Radio Publique Africaine (RPA).
Dès 2001, une fois RPA lancée, Alexis réussit un exceptionnel tour de force : il parvint à faire collaborer hutus et tutsis qui jusqu’alors s’entretuaient. Et, ensemble, des membres de ces deux ethnies apprirent le journalisme d’investigatios. Les résultats furent exceptionnels : RPA montra la vraie face de la rébellion qui était jusqu’alors diabolisée par le pouvoir, cette radio permit aussi de faire avorter un coup d’état, et, proche du peuple, elle dénoncera toutes sortes d’injustices : domestiques brutalisés, paysans dépossédés de leurs terres, prisonniers sans dossiers… la RPA fut dès lors surnommée «la voix des sans voix».
En 2004, le Comité de Protection des journalistes décerna à Alexis le prix de la Liberté de la Presse. En 2008, la reconnaissance fut mondiale, car le Time inclut Alexis parms les 100 personnes les plus influentes au monde !
Les espoirs suscités par le processus électoral de 2005 au Burundi, suite aux accords d’Arusha, se sont très vite dissipés quelques mois après l’élection du Président Nkurunziza. Dès qu’Alexis s’aperçut que corruption et exactions faisaient partie intégrante de la politique du Président Nkurunziza, il les dénonça et démissionna même de son poste en décembre 2007 afin de pouvoir créer un parti politique : Mouvement pour la Sécurité et la Démocratie (MSD). Aussitôt il dénonça les graves et massives violations des droits de l’homme, la mauvaise gouvernance et les malversations économiques.
Depuis le 3 novembre 2008 Alexis est incarcéré à la prison centrale Mpimba pour le motif suivant : « nous poursuivons Alexis Sinduhije pour avoir à Bujumbura, à une date indéterminée, écrit un document outrageant le chef de l’état. Je cite : la responsabilité dans les affaires de corruption et d’assassinats commandités par le parti CNDD-FDD (parti présidentiel) incombent à l’homme qui passe tout son temps dans des séances de prières. »
Alexis encourt une peine de prison pouvant aller de 6 mois à 5 ans. Au Burundi, les prochaines élections présidentielles auront lieu en 2010. Le dossier de l’accusation étant vide, il semblerait que le chef de l’état veuille maintenir en détention Alexis afin que ce dernier ne puisse se présenter. Car Alexis jouit d’une immense popularité auprès des burundais. Il incarne un réel espoir et serait un adversaire très sérieux pour le Président Nkurunziza.



